jeudi 26 mars 2009

Moorea


mardi 24 mars, 20h00, Santiago de Chili, dans l appart-hotel a la vieille moquette bleu fonce et aux stores jaunes poussiereux. Quartier de Providencia. Fenetre ouverte, en bas, des gens dinent en terrasse sur des nappes a carreaux rouges et blancs. Il fait nuit, il fait encore bon dehors. Un type joue d une espece de batterie portable qu il s est installe sur le dos, symbales et tambours, on dirait qu ils sont 10 tellement c est fort! La Polynesie est derriere nous, mais avant de la quitter totalement, j aimerais rendre un petit hommage a Moorea, ou nous avons passe une semaine comment dire... inoubliable?






L Americain Mark n y est pas pour rien. Il nous a accueilli tellement sympathiquement dans son endroit, des grands fares, veritables petites maisons, au milieu de son jardin luxuriant cote montagnes, Hugo qui jouait avec son fils de 4 ans, Emanadi, tous les soirs en rentrant, des nuits et des reveils paisibles, des ptits diners tranquilles en buvant du rose, la tele francaise, bref on etait comme a la maison, oui, c est ca on se sentait comme chez nous dans le fare au pied des montagnes! Un bon choix d endroit, chez un personnage atypique, americain d une 50aine d annees qui apres avoir parcouru le globe, s est pose a Moorea, car c est la que son coeur lui a dit de rester. Et il a adopte 3 enfants polynesiens, le plus jeune est tout de suite devenu le copain de jeux d Hugo. Il parait que c est frequent ici, les enfants sont souvent confies soit a un membre de la famille, ou a des popaa installes ici (des occidentaux, sic!). Donc, un accueil sans chichis, des bons plans qui nous ont pas mis sur la paille pour le reste de notre tour, on dit merci!





























On dit aussi merci a Ronald, un "demi", comme on les appelle ici, ce sont, contrairement aux polynesiens pure souche, des descendants de mariages entre francais et familles polynesiennes. Ronald a la 60aine, a fait ses etudes a Paris, a les yeux clairs, 6 enfants et une femme jeune, et il parle tres fort. "OIANAA!! "... il vous remplit le crane quand, de se maison qui surplombe la plage, il appelle son petit dernier de 3 ans qui est debout sur sa planche de surf sur le lagon. "Bienvenue au Paradis, ca fait 35 ans que je vis ce calvaire"!... il est content de vous accueillir avec cette petite phrase bien sentie, et de vous expliquer, en bon patriarche, que son arriere grand pere venait de Brive la Gaillarde et qu il a eu la bonne idee de s installer ici, vers 1890, a cet endroit meme sur la baie de Painapo. Que le placenta de son 5e fils est enterre la, sous le palmier a cote de l escalier qui descend a la plage. Coutume polynesienne. Qu il va faire un jardin botanique sur sa montagne, derriere. Que chacun de ses enfants a son arbre sur le terrain. Manguier, frangipanier, hibiscus, pandanus... l attachement a la terre est tres fort ici, c est un veritable moyen d affirmer son identite. On a d ailleurs entendu plusieurs fois parler des querelles qui divisent les descendants a propos de la terre.



Et meme si on se dit qu il peut vite devenir envahissant, on lui dit quand meme merci pour la bonne cuisine, on y est revenus a plusieurs fois! Du thon sous toutes les coutures, en carpaccio, en des dans du lait de coco, en tartare, avec une bouteille de listel en accompagnement, divin! On a eu aussi la chance d assister et de gouter au Maa Tahiti, le four tahitien, un repas traditionnel ou les aliments sont cuis a l etouffee dans la terre, sur des pierres chaudes, recouverts de feuilles de bananiers et de sacs de toile, un bon cochon de lait, des poissons, des legumes, huummm, le tout avec un bon ptit gout fume. Et, drole, le jour de ce four, des militaires de la marine chilienne etaient la, car leur bateau etait ancre pour la journee. Clin d oeil pour nous qui nous envolions le lendemain au Chili!




Amusant aussi comme le monde est petit. On part pour la journee faire du snorkelling sur le motu Ahi, au large de la cote est de Moorea, Tahiti en face. On caresse les raies (gluantes!), on dejeune de bonnes brochettes de thon et les francais qui tiennent le petit endroit nous offrent un verre de rose, en parlant, ils nous disent qu ils ont passe le dernier reveillon du 31 rue Jules Ferry chez un pote qui a un loft. C est quand meme pas dingue ca! Au milieu du Pacifique, et des poissons, rencontrer des gens de notre coin!





On rencontre un peu les traditons polynesiennes au Tiki village, le passage de Gauguin le chaud lapin a Tahiti, la culture des perles noires, les danses des vahines sur fond de yukulele... disons qu il faut aller chercher la culture polynesienne, elle ne vient pas a vous. Il parait qu il y a d ailleurs un regain pour toutes ces traditions, le tatouage egalement, depuis une 30aine d annees, car a leur arrivee debut 1800, les missionnaires avaient eradique tous les symboles et les coutumes de cette culture. Mais les polynesiens restent tout de meme attaches a certains piliers de leurs traditions, comme la danse, le tatouage, les lieux de culte, les "marae", ou avaient lieu les ceremonies rituelles, les sacrifices, ou etaient invoques les dieux, intronises les chefs... un certain mystere se degage encore de Moorea, peut etre le sillage de tout cela...








































Enfin, voila, nous n aurons vu que Moorea, pas les Tuamotu, les Gambiers, les Australes et les Marquises, mais nous avons nos images de Polynesie pour longtemps dans la tete! Plein de mana, on vous envoie plein de mana!












































jeudi 19 mars 2009

Happiness is not a destination it s a journey



Nous sommes mardi 17 mars, il est 23h35 et je me releve de mon lit pour photographier mes emotions et sentiments de l instant.

Au meme titre que la Thailande nous a fait vivre l experience du partage d un certain mode de vie thai, que l on s est frottes a des aussies tous aussi differents les uns que les autres, on vit ici en Polynesie une veritable experience, pour nous, elle se passe a Moorea.

Et c est une experience tout a fait differente des precedentes. Une experience plus subtile, plus mysterieuse et spirituelle que les autres car elle fait appel a une sorte d emotion intuitive et spontanee, une emotion pure. Les gens et les evenements sont venus a nous jusqu a present, après a nous d interpreter nos reactions. Ici, sur ce minuscule ilot au milieu du Pacifique, pas de foule dans les rues, des tahitiens plutot reserves, et la magie de la beaute du paysage. On peut tout a fait rester passif a observer la magnificience de la nature. C est déjà tres bien.

Mais en essayant de rentrer dans le ressenti, qu est ce qui procure ce sentiment tout particulier que l on resent ici a Moorea… cette brise douce et chaude qui envelope le coeur, ces lumieres et cette beaute qui font du bien aux yeux, les yeux et le Coeur, sieges de tant d emotions chez nous, petits etres humains… C est peut etre qu ici, l ile “entre la montagne et la mer”, on peut s evader, se laisser aller a la fusion avec les elements.


Les pieds dans l eau et la tete dans la montagne. Et l eau, c est le lagon. 50 metres de lagon qui protegent l ile haute des rudes vagues du Pacifique qui s eclatent contre le recif corallien. A tout endroit des 62 km de cote, le lagon serein qui cree un espave rassurant face aux elements exterieurs. Ca, c etait les pieds dans l eau. Et la tete dans les montagnes, qui nous permet de nous elever. Car elle est imposante, elle est majestueuse, impressionnante, mystique. Elle prend toutes les nuances de verts selon les instants de la journee, aucun versant ne se ressemble. Ses cols sont parfois pointus et dechiquetes, parfois plus doux. Et le ciel avec des nuages presque palpables accroches a ses sommets.

On peut ressortir le poncif du paradis. Mais finalement c est quoi le paradis? Quand on se demande quell serait son paradis a soi, n est ce pas juste ce ressenti, pouvoir vivre et savoir que ce ressenti est un moment paradisiaque? Un moment vecu tous les trois.


Ce n est pas forcement evident de se visualiser sur une ile minuscule, nee de l irruption d un volcan il y a des siecles, en plein Pacifique aplus de 15 000 km de Paris! Mais l exercice est interessant. Ce soir, je dors la tete contre les montagnes et les pieds vers le lagon. C est pas mal niveau feng shui non? Je n y connais pas grand chose, mais en tous cas, on se sent bien.


C etait “l emotion de le nuit”, 3 jours que nous sommes a Moorea, et les emotions arrivent au fur et a mesure. J ai bien envie de pouvoir en dire plus sur la culture et les traditions, fort presentes ici, et qui nous permettrons de mieux connaitre cet archipel. A nous de creer ces moments et de laisser aller notre sensibilite. Enfin, cette nuit, le ciel est rempli d etoiles. A 360 degres, des etoiles qui brillent et qui clignotent, et l ombre noire des palmiers qui se dessine sur le ciel. Derriere, la grosse masse sombre de la montagne veille…


Ca y est, après l immensite de l Australie et la rudesse de son ocean, nous voici en Polynesie.
Je vais finir cet article en donnant un titre a nos etapes precentes de ce tour du monde,
Asie, l adaptation, Australie, l action, Polynesie, l emotion… que nous reserve la suite sur ce continent inconnu… transition, sensation, revolution?
(enfin, jme comprends… et je sais que je suis pas la seule…!)




Samedi 14 mars a nouveau

Papeete, sous la pluie, chamber d hotel sommaire dans les bas fonds de la ville, on espere que ce temps ne va pas durer trop longtemps… heureusement, un tour au marche, du yukulele, des pareos, un diner marrant et arrose aux 3 brasseurs, une institution sur le front de mer de la ville, avec Pascal, un copain d Eric, metro installe ici depuis des annees. Voila voila… demain, on se trace a Moorea.

“5 jours a Sydney avant de quitter les Aussies”

Samedi 14 mars, avion Sydney-Papeete

Il est 19h00 heure locale, nous sommes maintenant a 2h de Tahiti, nous survolons le Pacifique, au nord, la Nouvelle Caledonie, ou sud, la Nouvelle Zelande, devant nous, des iles aux noms qui font déjà rever, Honolulu, Pago Pago, Tongatapu, Rarotonga, nous nous rapprochons des iles du vent, Tahiti et Moorea, et laissons derriere nous L Australie, 20 heures de decalage horaire entre Sydney et Papeete, passage de la ligne du changement d heure, nous allons enchainer 2 vendredi 13, puisque nous decollons un samedi 14 et que nous arrivons vendredi 13 dans la soiree.

Cela fait un moment que nous n avons pas alimente le blog, le carnet de voyage, pas evident de s octroyer des creneaux pour ecrire, entre le rythme trepidant du voyage en camping car, et Hugo qui se fait un malin plaisir a m empecher d ecrire des que je sors mes cahiers roses…!

Alors voila “5 jours a Sydney avant de quitter les Aussies”










On ne regrettera pas d avoir consacre 5 jours de notre periple australien a Sydney, cette ville nous a beaucoup plu, emballes meme. Energique, effervescente, jeune, heteroclite, on sent qui l se passé 10 000 trucs a la seconde. Pendant que les cadres dynamiques en col blanc boivent un café dans un gobelet en carton en bas des buildings, des hordes de chinois, thailandais, japonais deambulent dans les rues, un marocain sympa installe depuis des lustres sert des frappucinos au Paradiso café, une irlandaise fraichement arrive avec son copain s occupe de remettre de l ordre dans mes cheveux dans un des nombreux hair studios de Pitt Street, des Aussies venus du bush, Dubbo, sifflent des whisky coca en terrasse, une colombienne nous sert des pizzas a cote de l hotel, on croise quelques francais, on mange des sushis, des huitres et des tapas, voila dynamique et multiculturelle, on pourrait de pas en finir de decrier ces instants de vie pour illustrer Sydney.

Alors, qu est ce qu on a trame a Sydney, nous les 3 gnous… On a balade nos tetes de steack en mangeant des glaces a Darling Harbour, le quartier du port, fait les badeaux a l aquarium et ses excellents tunnels aquatiques, raies mantas au dessus de la tete et requins sous les pieds, vu un film em 3D sur les predateurs de l Ocean a l Imax, deambule dans les rues huppees de The Rocks, admire la vue sur la ville, l Opera et le Harbour bridge depuis le ferry qui nous emmenait a Manly, fait du shopping sur le Corso, l esplanade qui mene a Manly beach, regagne Circular Quay avec le coucher de soleil sur la baie, bu des verres avec Matthew et Haydee au C bar, sous le Chamberlain Hotel, traverse James et Cook Parks, contourne la cathedrale flambant neuve, vu de loin la grande enseigne Coca Cola de King Cross, regarde American Idol a la tele, fait une orgie d huitres (enfin!) et de sushis au Fish Market, pris le monorail qui surplombe les rues du City Center d’a peine 10 metres et se faufile entre les buildings clinquants et les monuments anciens…. Bref, on a pas eu le temps de s ennuyer bien sur, et Eric a meme fait son climber en escaladant le Harbour bridge, vue a 360 sur Sydney, 170 metres au dessus du niveau de la mer!

Voila, s acheve notre chapitre sur l Australie, six mois et demi que nous sommes partis, 3 mois et demi a venire, une escale en Polynesie, puis un nouveau continent, de nouvelles histoires qui nous verront a Santiago de Chili, Buenos Aires, Rio de Janeiro… Pour l heure, je n ai laisse mon coeur ni en Asie ni chez les Aussies, j ai plutot goute au plaisir de la liberte a l autre bout du monde et c est bon.

samedi 7 mars 2009

Myall Lakes, re



Km 3500, nous revoici traversant le Parc National de Myall Lakes, ou on passera une nuit cette fois. Les dunes sont toujours aussi dingues, le paysage est majestueux, des montagnes de sable blanc avec la mer tres loin au fond, c est beau beau beau, mention speciale, Myall Lakes fait partie des plus beaux endroits que nous ayons vus ici. Immerges en pleine nature, c est le KIF, la foret est tantot broussailleuse, tantot elle laisse place aux dunes, puis au lac aux eaux plates et sereines, nous plantons le van a White Bay Tree- enfouis dans la foret d arbres aux troncs blancs qui bordent le lac, toilettes eco-friendly, pas de chasse d eau, pas de douches, ca fait 2 jours qu on est pas laves, on commence a se sentir crados... mais le spectacle l emporte et la magie des lieux laisse contemplatif...

Km 3400, Seal Rocks







2 jours de camping sauvage a Crowdy Head, ou nous nous sommes arretes apres avoir chemine sur la Coastal Way, dejeune au bord du lac en regardant les pelicans a Laurieton, achete des bieres a Harrington, nous profitons d une bonne baignade de fin de journee sur cette belle et grande baie sauvage. On fait des passes de foot sur l etendue de sable mouille, le van est gare devant la mer, on s endort avec le bruit des vagues et on se reveille vue sur mer. On profite.



Deja mercredi 4 mars, continuons notre descente vers Sydney en nous arretant dans des bons spots sur la cote. On avait aime Seal Rocks, on se dit que ca serait sympa d y passer 1 ou 2 jours avant d aller plus au sud. On roule pas mal le long de la cote et sur la Pacific Highway et on arrive sous un ciel plombe, enormes nuages gris-noir sur la mer, on se baigne sous les gouttes et je vois une raie a 2 pas de nous, a quelques metres du rivage.... on trace vite fait car la raie avait un nez-scie enorme et ca nous fait bien peur. On dine a l interieur du van, dehors, le vent souffle tres fort et la pluie fouette tout sur son passage.... pastas dans la chaleur confinee du camping-car... hummm... heureusement que c est pas arrive trop souvent, car apres, vu qu on mange sur ce qui est la partie centrale de notre lit, c est le gros bins pour tout demonter, remonter et tuti cuanti.

Le lendemain, on se reveille sous un ciel et un soleil paradisiaques, l orage est passe, et la baie de Seal Rocks est magnifique, les vents jouent pour nous aujourd hui, l eau est turquoise et les rochers plats couleur onyx se detachent sur la transparence du Pacifique. On decouvre Seal Rocks sous un nouveau jour, car lors de notre precedent passage il y a plus d un mois, la mer etait dechainee, les vagues enormes, le bleu presque gris... pas la meme impression que ce jour! Alors la, on kiffe, c est un des plus beaux endroits que l on aient vus sur cette cote Australienne. Par contre, les raies sont toujours dans les parages, apres renseignement, il parait qu elles sont pacifiques, elles aussi... mais bon, on est tout de meme pas super rassures. Petite bouteille de blanc descendue au fur et a mesure que le soleil disparait derriere les montagnes. Hugo joue a la marelle sur le sable, on court apres les mouettes, chabadabada.....

dimanche 1 mars 2009

Hugo plage

Creation

Degustation

ouuuuuhhhhh so sexy!


pourquoi ca ici me direz-vous? eh bien juste pour le plaisir, comme ca. En feuilletant le Sun Herald, sur quoi tombe-je? Sur Mick! Mick! Cette degaine, cette chemise, cette gueule, so cute non?

Km 3100, attention un beau gosse sort de l eau!





Du coup, on a fuit Tamworth car j avais un peu peur d avoir un avis de recherche, vu que j avais copieusement incendie ces satanes videurs. Et comme il faisait bien beau, qu on etait bien mal et qu on avait la langue qui collait au palais, on a trace vers la mer, 3 heures de route encore, des km de nationales desertes limitees a 100, long, long....

On s est poses a Port Macquarie, ou on etait passes en coup de vent au debut et on s est jetes dans les vagues, Hugo a joue avec elephant, girafe et voiture jaune dans les rochers, il s est baigne dans les vagues, et en sortant de l eau, attention les yeux, le beau gosse!

D ailleurs, en parlant d Hugo, depuis qu on est arrives ici en Australie, c est sans cesse des 'pourquoi?' ou 'c est ou?' Ce sont les grands sujets du moment. Pourquoi y fond le beurre? Ou il est tombe Hugo? C est parti les grands questionnements... bientot 3 ans il faut dire. Ca doit bien etre l age.

Sinon, Eric a encore eu des mesaventures avec les huitres. Il a commande une demi douzaine au Beach House, a Port Macquarie, et regardez ce qui est arrive.... des huitres au cheddar les amis... incroyable mais vrai.... vrai et degueulasse.... y a qu a voir la moue de mon riton se delecter....!