mercredi 29 avril 2009

Salta 3/ de Cachi a Cafayate










2e troncon, de Cachi a Cafa-chate

(oui, en Argentine, on est tres "che", les "ll" et les "y" se prononcent "che". Alors Cafachate!)

Alors la, le troncon de loin le plus laborieux rapport a la route. Le troncon des Vallees Calchaquies. Des vallees reculee, arides, ou rien ne se passe. A part quelques bleds qu on est presque surpris de rencontrer.

48km pour aller de Cachi a Molinos, le 1er petit village sur la route degueu, pleine de pierres, et qui tortille. Et clac. CLAC. Ah non. Non... NON. Ah la vache NON, c est pas possible, on a pas creve non? Pas la au milieu de nulle part dans le trou du cul du monde argentin... Derapage controle, arret sur la bande d arret d urgence (hi!). Et si. Si si si! On a creve! Le fond de l air est frais, mais le soleil cogne bien fort. Eric enleve sa chemise Lagerfeld. On decharge les sacs et la poussette. On sort la roue. On prend le creek. On sort le manuel. Les 2 seules voitures qui passent en 1 heure ne s arretent pas 1 seconde. Bon, c est dans quel sens les boulons merde? Ah, on va pas y arrver. Hugo met des pierres dans le moteur. Il se fait engueuler. Ca y est on a reussi a enlever la roue, a surelever la voiture. Chagement de roue. On fait gaffe jusqu a Molinos, sale piste caillouteuse.

On a la dalle, on s arrete manger 2 empanadas aux "2 Chinos", seul resto dans les rues en terre battue de Molinos, petit village improbable construit dans une oasis en plein milieu du desert.

Le garage du coin (on en esperait pas tant!) verifie les pneus, nous vend une roue de secours a 60 pesos (environ 12 euros), et on repart pour les 110 km qui nous relient a Cafayate.



110km et plus de 3 heures de route encore. Ca fait bien deja 3 heures qu on est partis de Cachi avec cette affaire de pneu. J avais oublie de dire qu avant cette sale histoire de pneumatiques, on s etait arretes a Seclantas, connue pour le tissage et qu on avait achete un ptit tapis artisanal avec un cactus dessus. Interessant non? Ca sera pour la chambre d Hugo quand on va rentrer.

Bon, reste quand meme a se farcir la route jusqu a Cafayate, ca en fait du chemin tout pourri. Heureusement, la route pierreuse laisse de nouveau place aux grands espaces, c est dingue les variations de paysages sur quelques kilometres. La Quebrada de las Flechas. Enfin de la route asphaltee, des formations geologiques incroyables, de la roche blanche, aceree, en forme de de fleches, qui partent vers le ciel. Et puis les elements s apaisent, les reliefs redeviennent plus plats, plus doux, plus verts. Font place aux vignobles de Cafayate.

Salta 2/ de Salta a Cachi














Le lendemain de notre arrivee a Salta, on va chercher la chevrolet (ah! je vous imagine tout de suite nous imaginer dans une grosse cylindree... Chevrolet ca sonne un peu grosse voiture, mais non, c est celle-la, la ptite blanche derriere le cactus!)
Partons en chevrolet pour 3 jours dans le sud, etape a Cachi, puis a Cafayate, et retour a Salta avant enchainer la boucle nord, passer la ligne du Tropique du Capricorne, et approcher la frontiere bolivienne.
On a envie de garder dans la tete et dans les yeux tous ces paysages, on voit tellement de belles choses. Graver des instantanes, mettre des mots sur des images.

Alors je vais faire 3 messages, 1 pour chaque jour, car chaque jour a eu son lot d evenements.

1 er troncon, de Salta a Cachi,
la chevrolet nous fait traverser une variete de paysages extra-ordinaires (au sens litteral du terme) et presque extra-terrestres!
D abord, la Cuesta del Obispo, sous un ciel plombe, tout blanc, la temperature diminue au fur et a mesure que l on monte, 22, 17, 11, 7... on touche les nuages! On monte a 3348 metres tres exactement, et c est vrai que l on sent que l air se rarefie, on respire moins bien qu en bas, c est sur. Au loin, les monts verts disparaissent dans l epaisseur de la brume. Passent quelques moutons sur le bord de la route. On regarde pas trop en bas, precipices...
En redescendant, on prend un vieux en stop. Il donne des noix a Hugo, qu il sort de son sac plastique, qui semble rempli de pommes et de legumes. Il a la peau tannee et profondement ridee. Les yeux tellement noirs qu ils ont des reflets bleus.Un chapeau sur la tete. On ne comprend pas un traitre mot de ce qu il dit... chaque coin a ses dialectes, mais la, attention, on est tres loin de l espagnol...

Et puis la piste sinueuse et caillouteuse s elargit un peu.
La surprise!
Le paysage devient lunaire. Aride a perte de vue. Tres loin, des montagnes blanches, puis camel, puis ocres. Un desert de cactus. Des anes sauvages. Le soleil perce la masse blanche. C est lui qui gagne, il chasse la brume et les nuages et revient le ciel bleu.
Cet immense plateau aux allures extra terrestres s appelle la Cachi Pampa.
Elle est un moment percee par la grande route rectiligne que l on attend de voir, connue sous le nom de "Recta de Tintin" (tous jeux de mots s abstenir, vous pensez bien que ca a fuse betement dans la voiture). Une route toute droite, d une 20 aine de km, qui perce la pampa, et divise en 2 les armees de cactus, jusqu au petit village de Payogasta.

Payogasta, au pied des montagnes en forme de pyramides, surplombees par un enorme plateau rocheux terre foncee (bon, Eric m a bien aidee pour les descriptifs car la, j avoue que je sechais a decrire ces formes pyramidales, accentuees par la luminosite... et oui, on recopie pas le routard quand meme, il y a un travail d equipe de temps en temps!)
Region habitee par les Indiens Calchaquis bien avant les Incas. Aujourd hui, ceux qui restent cultivent l ail et le piment (oui, la, c est le routard).

Et en arrivant vers Cachi, changement de decor. Les reliefs se font plus doux. Plus verts. Entrecoupes de vallees fertiles. Des champs et des fermes avec des troupeaux de moutons et de petites brebis. Des cypres et des mosaiques rouges de piments qui sechent. On dirait le sud, le temps du bon temps et la vie surement, plus d un million d annees.... et toujours en ete en plus! Ca ressemble a des coins de Toscane, meme si je connais pas la Toscane. Mettre la musique derriere. On y est!

Jusqu a l arrivee a Cachi. Comme un grand village Ibizenco qui n aurait pas evolue depuis des annees. Maisons basses, rues pavees, eglise sur la place arboree, ville figee dans le temps. Jolie etape. Et merci a l hotel Cortijo, beau melange de materiaux locaux et de modernite. Et merci aussi les empanadas du cafe Oliver sur la place. A la sauce piquante. Et bien riches. Excellentes! Les meilleures qu on ait mangees en Argentine. Et enfin, merci au ptit square avec balancoires et toboggans. Plusieurs rappels pour Hugo qui ne voulait plus en decoller.

Lundi 27 avril, Salta 1/











Nous voila de retour a Salta, ou nous venons de passer une nouvelle nuit avant de repartir pour la boucle NORD de notre periple dans le NOA argentin.
Le NOA, c est l extreme nord ouest de l Argentine, entre les frontieres avec le Chili, la Bolivie et le Paraguay. Une region de hautes montagnes, la Cordillere des Andes, des paysages incroyables, encore et encore.

Ca fait 4 jours que nous sommes arrives dans le NOA.
Ah, oui, ca se merite, 20 heures de bus, nous 3 sur le quai du terminal de bus a Retiro a Buenos Aires, entrain de stresser, ne voyant pas notre convoi arriver... 16h00, 16h15, 16h30... pas de bus Almirante Brown, on devait partir a 16h00 non? Au guichet, la fille est a la masse, et nous, on commence a flipper. Et puis non, en fait le voila, il a presque 1 heure de retard, on nous avait dit ici, il faut pas etre trop a cheval sur la ponctualite. C est parti pour 20 heures de trajet, 1500km de Buenos Aires a Salta en bus-cama, films, plateau repas, clips de musique italienne tres fort, confort acceptable, la nuit tombe, on arrive a dormir un peu, un sommeil entrecoupe de reveils, Hugo lui, dort a poings fermes. 7 heures, le jour se leve, on arrive dans 5 heures a "Salta la linda". De bon matin, on est plus loquaces, on papotte avec la famille qui a partage le trajet avec nous, des gens de Buenos Aires, le pere ancien pilote d avion qui a officie pendant la guerre des Malouines, tous tres sympathiques, Hugo est encore la star du moment.
Dehors, le paysage est bien vert, on traverses des vallees fertiles, au loin, la montagne. La derniere heure est la plus longue, comme souvent, les derniers km et la fatigue se font sentir.

Arrivee a bon port, on met les pieds a Salta, il fait plus chaud ici.
On pose les sacs et puis on se balade dans la ville, belles places plantees de palmiers, facades coloniales, beaucoup de gens dans les rues, des jeunes, des petits, des vieux, des kiosques qui vendent de tout, du paquet de cigarettes aux bonbons, des vendeurs de pommes d amour et de barbe a papa, dans les magasins, les fringues, c est plutot joggings et compagnie, et le teles en vitrine sont enormes, on dirait qu ils vendent des trucs d il y a 10 ans!... Salta la provinciale!

Hugo fete ses 3 ans dans le parc national Lanin, San Martin de los Andes, Patagonie






Nous avons quitte Bariloche la touristique, pris la voiture pour aller 200km au nord par la route des 7 lacs, jusqu a San Martin de los Andes.
Arret truite a Villa la Angostura, d apres ce qu on a lu, la station de villegiature chic sur les rives du lac Nahuel Huapi... bon, un lundi de Paques, tout est plutot calme, et nous n avons pas vu la farandula aux terrasses des restos, le showbiz local cense frequenter les lieux...
Continuons notre descente vers San Martin, virages apres virages, des beaux points de vue sur les lacs, Correntoso, Portezuelo... San Martin de los Andes, une station huppee des Andes pendant l hiver austral (ici, c est en juillet-aout que l on vient skier), garde tout son charme meme sans la neige, chalets en bois dore, petites rues arborees, le tout dans un cadre naturel superbe, entre le lac Lacar et le Parc National Lanin.

Et c est das le parc national Lanin qu Hugo fete ses 3 ans. On achete des voitures et des avions, des bougies, et on improvise un happy birthday dans une hosteria du parc, perdue au coeur d un environnement idyllique, les lacs aux eaux foncees sont entoures de plages de sable noir volcanique et de cimes enneigees. (rappelez vous ... Il a neige sur les lacs, lalalalalalala)
On souffle les bougies, Hugo suit du regard Anabelia, la chica des patrons, s affaire a ouvrir ses 2 paquets cadeaux, est tout content de ses nouveaux avions et de ses voitures (avec ce choix, on est sur de ne pas se tromper!), et puis on va se rouler dans le sable noir et jeter des cailloux dans le lac.
On profite de cette beaute minerale, j adore ce sable, cette couleur, cette matiere, on oublie souvent de communier avec la nature, il faut y penser.

HAPPY BIRTHDAY HUGO, quand tu reliras ce blog, quand tu auras l age de lire (oh, dans quelques mois, si tu es precoce comme maman), tu te diras que tu en as eu de la chance, de vivre ces evenements de petit garcon aux 4 coins du monde... ptit veinard va!

vendredi 17 avril 2009

La route des 7 lacs







Felices Pascuas a Bariloche, ou les faceties du "gros l oeuf"

Paques a Bariloche, c est quand meme un comble rigolo, la fetes des oeufs aux chocolats dans la ville du chocolat! Oui, enfin c est pas que la fete des oeufs en chocolat va t on me dire, honte a moi, et mes cours de cate?

Enfin, pour Hugo en tous cas, c est la grosse fete au chocolat, "il est ou le gros l oeuf?", maman, "il est ou, encore du chocolat, non pas de ptite pause"... il a bien fallu cacher l oeuf a un moment car il ne pouvait plus s arreter le terrible, c est dingue l attraction du chocolat. Il en est meme alle s enfermer dans la salle de bain de colere, impuissant face a la position du gros l oeuf qui etait bien haut enferme dans un placard.



Apres la crise du "gros l oeuf", on est alles faire un tour autour de Bariloche, pour admirer la vue sur le Lac Nahuel Huapi. Jusqu a la montee en telesiege au sommet du Cerro Campanario, tout allait bien, et la, quand il etait temps de profiter de cette vue spectaculaire, je veux dire, de jouir du paysage, de se recueillir en silence et juste d admirer sereinement la beaute de la nature, Hugo a du se souvenir du gros l oeuf, et il est devenu ignoble, refusant de rester en haut, se forcant a pleurer... on lui aurait bien mis dans sa tete de steack le gros l oeuf a ce moment la...

Pauvre chat.... c est peut etre l approche de ses 3 ans qui le travaille... car c est pour tres bientot... dans 2 jours, nous sommes le 14 avril, petit monsieur va feter son anniversaire a San Martin de los Andes... peu commun non? qu est ce qu il va pouvoir frimer plus tard... mignon va!! hummm! mouak mouak... regardez cette petite tete de bambi... on a quand meme envie de le bisouiller!!


dimanche 12 avril 2009

Flashback 3, El Chalten, au pied du Mont Fitz Roy, 3400 et qq metres

































































Apres donc plusieurs heures de route magnifique a travers la steppe desertique, nous laissons derriere nous le Lago Argentino, contournons le Lago Viedma, et a encore quelques dizaines de km, niche au pied de la Cordillere des Andes, avec pour toile de fond l imposant, l inquietant Fitz Roy, voila El Chalten.

Autant El Calafate etait proprette, balisee, organisee, et tres peuplee (et oui, au moins 15 000 habitants!!), autant El Chalten respire vraiment le bled du bout du monde, 700 ames, des chalets de toutes les couleurs au bord de la route asphaltee poussiereuse...

Un decor naturel environnant spectaculaire, les pics du Fitz Roy caches dans les nuages, les montagnes recouvertes d arbres rouges avec les couleurs de l automne, des lumieres magiques avec le moindre rayon du soleil.
Ca serait un peu comme un no mans land au bout de la Patagonie, comme un decor de film, un film d auteur esthetique style road movie paume dans les Andes, pas besoin de retoucher les lumieres, a l etat brut, la premiere prise est la bonne.
Bref, les images parlent d elles memes, on a ADORE el Chalten.


















En randonneurs chevronnes, nous avons entrepris l ascension du Mont Fitz Roy.
Bravant le froid, on a remonte les montagnes pendant 2 jours, traverse des deserts de glace, passe des torrents, suspendus a une tyrolienne pour atteindre les pics de granit a 3400 metres d altitude. C est vrai, il nous a fallu un moral d acier, il y a eu des moments durs. Mais on a vraiment ete recompenses de tos nos efforts. Quelle adrenaline! Et quelle vue superbe depuis la paroi nord est du Fitz... une experience incroyable. Le Mont Blanc, a notre retour, c est les doigts dans le nez...

Sinon, on a mange du locro, bu du Malbec, on a chemine sur les sentiers caillouteux et pentus de la Laguna de los Tres. Hugo a fait la montee tout seul avec son baton de berger, et toute la descente dans la mochila, le porte-grands-bebes, sur le dos de son pere (tout de meme 5 heures de marche, oui oui). On a fait un casse croute empanadas au pollo, avec le dessert prefere d Hugo, une tarte au citron avec 5 cm de creme dessus, vue lointaine sur les pics du Fitz Roy...

... bah quoi... on choisit la version qu on veut...




















































































la suite est a venir les amis, cette aventure "patagonique" incroyable va bientot etre illustree de photos egalement. On vous embrasse tous. La, il est grand temps d aller manger un bon bife de chorizo. Besos fuertes!