Lundi 1er Juin
18h30. Il fait nuit. Des chiens qui aboient au loin. Des cris d enfants qui jouent encore dans la rue. Fond sonore fait du chant regulier des insectes qui peuplent la foret autour, ponctue par un bruit fugace d oiseau inconnu. Et le clapotis de l eau qui penetre a peine dans la terre et qui reste sur les feuilles... l humidite de la nuit fraiche... il a plu toute la journee sans discontinuer sur Ilha Grande. Je suis rue Getulio Vargas, figure de l histoire bresilienne, sur une ile en face d Angra dos Reis, 2 heures au sud de Rio de Janeiro, une heure au large de la cote en bateau de pecheur. Dans le jardin de la pousada Cauca, un jardin apres la pluie, avec ses touches zenifiantes et son Bouddha eclaire qui veille. La fin du voyage envoie des clins d oeil qui font echo aux premieres semaines dans les contrees du Royaume du Lanna, souvenir de chez Hom Prang...






La journee est longue sur l Ile Grande sous les trombes d eau qui alternent avec la bruine pernicieuse... le ciel est bas, comme les nuages, qui ont l air d etre accroches aux sommets verts. Les rues sableuses parsemees de flaques d eau, desertees, sont devenues le territoire des crabes et des grenouilles, toute une petite vie underground qui sort son nez au crepuscule.
Une journee de pluie a Ilha Grande et le rythme de vie vacille, la mer devient grise, noire, les lanchonetes ont ferme, le port s est vide, prive de son remue- menage. Les taxis boat ne font pas recette et les locaux ont la mine renfrognee.

Une nuit a Ilha Grande, la lueur des ampoules du mercado central sur des papaye enormes, la pasteleria ambulante, un charriot comme une maison, rempli de patisseries, on achete du Pe de Moleque, genre de nougatine locale, terriblement bon. On s enfonce dans les petites rues qui grimpent dans la montagne. Une music box improbable deposee sur le bas cote, d ou sort du James Brown, Pay Back resonne dans les ruelles a la ronde. Un groupe improvise boit des choppi de skoll, la biere d ici, en faisant des pas a la sex machine. C est le bar du coin en somme. On monte dans les rues pavees qui s enfoncent dans la vegetation. Des habitats sommaires et eclaires, du linge qui seche aux fenetres, des bruits de vaisselle, des odeurs de cuisine... la vie qui suit son cours, ici comme ailleurs. En bas, quelques restaurants se remplissent tranquillement. On est hors saison et ca se sent. Chez Lua e Mar, avec ses tables les pieds dans le sable, la mer pour horizon et la flamme de la bougie pour eclairage, on deguste une bonne caldeirada sous les gros arbres, comme une bouillabaisse de poisson et de crustaces, la peche doit etre fructueuse dans les eaux d Ilha Grande, les moules, les crevettes, les poulpes se marient avec le riz et le manioc, le risotto de lula, le calamar, est excellent. Notre halte au long cours sur l Ile nous aura souvent vu prendre le chemin de Lua e Mar, sur les coups de 19h00... le chemin, c est la plage, la nuit tombee, les jeunes jouent au foot, nous on part manger, les tongs pleines de sable. Sur le ponton, embarcadere principal pour les fregates qui emmenent les vacanciers avides de decouvertes aux Lagos Azul et Verde, cette avancee sur l ocean, on vient y boire un dernier verre, une canette a la main, allonge sur les planches, on regarde le ciel, les etoiles et la lune, le port en face, ses lumieres troubles, les arbres qui bordent la langue de sable, des barcasses adossees a leurs gros troncs, les petits bateaux de pecheurs dorment, ils ont remise leurs couleurs chatoyantes qu on ne reverra que demain si il fait beau sur Abraao. Le port et le village d Ilha Grande.



Reveil avec le soleil. Porte entre-ouverte, le soleil filtre dans le joli jardin de la pousada. La lumiere du matin est jaune, orange, chaude, dans ce havre de nature et de tranquilite. Mamao et goiaba, pain chaud sorti de la padaria, c est bon de commencer une journee en prenant son temps, en grignotant de la papaye, en buvant un jus de goyave, avec pour seule preoccupation de ne pas louper le bateau qui part a Lopes Mendes dans une demi heure... avoir du temps, ca c est une premiere, de la decouverte, le temps de se reveiller, de prendre un bon ptit dej, de regarder la nature, de jouer avec le chien, d ecouter les oiseaux, de respirer, de s etirer, de lire... du temps pour profiter de l instant present, tout betement. Ca ouvre les sens. Et comme on sait que ca ne dure pas eternellement, on en profite. Ca dure pas eternellement d une part car dans moins de 2 semaines, on sera rentres a Paris... une autre tranche de vie. Et ca dure pas tout court car Hugo le lapin or se fera un malin plaisir de vous ecourter cette serenite a peine ressentie par moults cris, et envie de faire caca, juste quand vous venez de finir de mettre votre confiture de morango sur votre toast encore chaud, il vous faudra retourner a de basses realites... que la vie est dure des fois... mais apres tout, on se cree bien la realite qu on a voulu obtenir non?


Donc, apres ces sombres affaires, le ciel est bien degage, le sac rempli de pareos, cremes solaires, tupperwear salade, bouteille d eau, lunettes, bob, chapeaux, fruits, ballon, seau, pelle, rateau, arrosoir... euh... j ai rien oublie la?... non, alors on file sur le port acheter nun ticket pour monter sur le Glorius Dei, qui va nous emmener en 30 mn sur la plage de las Palmas. Sur le bateau, on se demande pourquoi on est l attraction et que tout le monde nous regarde en rigolant. Et bien en y regardant de plus pres, on perce le mystere, c est Hugo, qui est entrain de montrer sa quequette en la sortant de son maillot... ca doit etre l air du grand large qui lui fait ca, lui qui devient pudique sur la plage quand on lui enleve son short... pauvre loup, il m en voudra quand il lira ca plus tard... pour la peine, il pourra se consoler en lisant l episode de la chambre qui sent mauvais. A peine arrives a la posada, posons les sacs dans notre nouvelle chambre, j installe ci et ca, les affaires bien pliees, les brosses a dent etc... mais qu est ce que c est que cette vilaine odeur persistente qui flotte dans l air? Pour dire cruement, cetten odeur de merde, oui. Branle bas de combat, proprio et femmes de menage viennent inspecter, mettre du spray dans la salle de bain, mais rien y fait, il faut se rendre a l evidence, ca pue. Faute de remedier a ce desagrement, on nous propose de changer de chambre, et pendant que je me tate, car j aime bien la vue de notre fenetre, sur l arbre a fleurs blanches et l espace zen pour mediter, une des filles demande si l un d entre nous n aurait pas marche dans la crotte. Ma tong Havaianas, la blanche avec le drapeau vert, celle qui me suit depuis des annees, elle n aurait pas pu me faire ca, au royaume absolu de la tong Havaianas... j ose a peine regarder dessous... pied gauche, pied droit... discretement... ah oui... oui oui, c est moi! He he!







Enfin, fis de passage scatologique, desolee, le bateau s arrete a las Palmas, de la part le chemin qui traverse la foret pour aller de l autre cote de l ile, le versant qui est a Mar Abierto, a mer ouverte, le sud d Ilha Grande etant en effet expose en direct a l ocean Atlantique, et le nord, la ou se trouvent le village, le port, etant face a la cote bresilienne. Trente minutes a grimper dans la mata atlantica, des ouistitis et des ecureuils, le chemin s eclaircit, on est descendus de l autre cote, le sable commence a remplacer la terre, nous debouchons sur Lopes Mendes, 4 km de plage vierge, la mer, plus transparente mais plus agitee. Un bout de nature intacte, puisque inaccessible en bateau, Lopes Mendes, ca se merite! Joao, guide carioca installe dans l Ile, nous a aide a monter et Hugo en fait son copain toute la journee! Merci Joao!
18h30. Il fait nuit. Des chiens qui aboient au loin. Des cris d enfants qui jouent encore dans la rue. Fond sonore fait du chant regulier des insectes qui peuplent la foret autour, ponctue par un bruit fugace d oiseau inconnu. Et le clapotis de l eau qui penetre a peine dans la terre et qui reste sur les feuilles... l humidite de la nuit fraiche... il a plu toute la journee sans discontinuer sur Ilha Grande. Je suis rue Getulio Vargas, figure de l histoire bresilienne, sur une ile en face d Angra dos Reis, 2 heures au sud de Rio de Janeiro, une heure au large de la cote en bateau de pecheur. Dans le jardin de la pousada Cauca, un jardin apres la pluie, avec ses touches zenifiantes et son Bouddha eclaire qui veille. La fin du voyage envoie des clins d oeil qui font echo aux premieres semaines dans les contrees du Royaume du Lanna, souvenir de chez Hom Prang...
La journee est longue sur l Ile Grande sous les trombes d eau qui alternent avec la bruine pernicieuse... le ciel est bas, comme les nuages, qui ont l air d etre accroches aux sommets verts. Les rues sableuses parsemees de flaques d eau, desertees, sont devenues le territoire des crabes et des grenouilles, toute une petite vie underground qui sort son nez au crepuscule.
Une journee de pluie a Ilha Grande et le rythme de vie vacille, la mer devient grise, noire, les lanchonetes ont ferme, le port s est vide, prive de son remue- menage. Les taxis boat ne font pas recette et les locaux ont la mine renfrognee.
Une nuit a Ilha Grande, la lueur des ampoules du mercado central sur des papaye enormes, la pasteleria ambulante, un charriot comme une maison, rempli de patisseries, on achete du Pe de Moleque, genre de nougatine locale, terriblement bon. On s enfonce dans les petites rues qui grimpent dans la montagne. Une music box improbable deposee sur le bas cote, d ou sort du James Brown, Pay Back resonne dans les ruelles a la ronde. Un groupe improvise boit des choppi de skoll, la biere d ici, en faisant des pas a la sex machine. C est le bar du coin en somme. On monte dans les rues pavees qui s enfoncent dans la vegetation. Des habitats sommaires et eclaires, du linge qui seche aux fenetres, des bruits de vaisselle, des odeurs de cuisine... la vie qui suit son cours, ici comme ailleurs. En bas, quelques restaurants se remplissent tranquillement. On est hors saison et ca se sent. Chez Lua e Mar, avec ses tables les pieds dans le sable, la mer pour horizon et la flamme de la bougie pour eclairage, on deguste une bonne caldeirada sous les gros arbres, comme une bouillabaisse de poisson et de crustaces, la peche doit etre fructueuse dans les eaux d Ilha Grande, les moules, les crevettes, les poulpes se marient avec le riz et le manioc, le risotto de lula, le calamar, est excellent. Notre halte au long cours sur l Ile nous aura souvent vu prendre le chemin de Lua e Mar, sur les coups de 19h00... le chemin, c est la plage, la nuit tombee, les jeunes jouent au foot, nous on part manger, les tongs pleines de sable. Sur le ponton, embarcadere principal pour les fregates qui emmenent les vacanciers avides de decouvertes aux Lagos Azul et Verde, cette avancee sur l ocean, on vient y boire un dernier verre, une canette a la main, allonge sur les planches, on regarde le ciel, les etoiles et la lune, le port en face, ses lumieres troubles, les arbres qui bordent la langue de sable, des barcasses adossees a leurs gros troncs, les petits bateaux de pecheurs dorment, ils ont remise leurs couleurs chatoyantes qu on ne reverra que demain si il fait beau sur Abraao. Le port et le village d Ilha Grande.
Donc, apres ces sombres affaires, le ciel est bien degage, le sac rempli de pareos, cremes solaires, tupperwear salade, bouteille d eau, lunettes, bob, chapeaux, fruits, ballon, seau, pelle, rateau, arrosoir... euh... j ai rien oublie la?... non, alors on file sur le port acheter nun ticket pour monter sur le Glorius Dei, qui va nous emmener en 30 mn sur la plage de las Palmas. Sur le bateau, on se demande pourquoi on est l attraction et que tout le monde nous regarde en rigolant. Et bien en y regardant de plus pres, on perce le mystere, c est Hugo, qui est entrain de montrer sa quequette en la sortant de son maillot... ca doit etre l air du grand large qui lui fait ca, lui qui devient pudique sur la plage quand on lui enleve son short... pauvre loup, il m en voudra quand il lira ca plus tard... pour la peine, il pourra se consoler en lisant l episode de la chambre qui sent mauvais. A peine arrives a la posada, posons les sacs dans notre nouvelle chambre, j installe ci et ca, les affaires bien pliees, les brosses a dent etc... mais qu est ce que c est que cette vilaine odeur persistente qui flotte dans l air? Pour dire cruement, cetten odeur de merde, oui. Branle bas de combat, proprio et femmes de menage viennent inspecter, mettre du spray dans la salle de bain, mais rien y fait, il faut se rendre a l evidence, ca pue. Faute de remedier a ce desagrement, on nous propose de changer de chambre, et pendant que je me tate, car j aime bien la vue de notre fenetre, sur l arbre a fleurs blanches et l espace zen pour mediter, une des filles demande si l un d entre nous n aurait pas marche dans la crotte. Ma tong Havaianas, la blanche avec le drapeau vert, celle qui me suit depuis des annees, elle n aurait pas pu me faire ca, au royaume absolu de la tong Havaianas... j ose a peine regarder dessous... pied gauche, pied droit... discretement... ah oui... oui oui, c est moi! He he!
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