L Americain Mark n y est pas pour rien. Il nous a accueilli tellement sympathiquement dans son endroit, des grands fares, veritables petites maisons, au milieu de son jardin luxuriant cote montagnes, Hugo qui jouait avec son fils de 4 ans, Emanadi, tous les soirs en rentrant, des nuits et des reveils paisibles, des ptits diners tranquilles en buvant du rose, la tele francaise, bref on etait comme a la maison, oui, c est ca on se sentait comme chez nous dans le fare au pied des montagnes! Un bon choix d endroit, chez un personnage atypique, americain d une 50aine d annees qui apres avoir parcouru le globe, s est pose a Moorea, car c est la que son coeur lui a dit de rester. Et il a adopte 3 enfants polynesiens, le plus jeune est tout de suite devenu le copain de jeux d Hugo. Il parait que c est frequent ici, les enfants sont souvent confies soit a un membre de la famille, ou a des popaa installes ici (des occidentaux, sic!). Donc, un accueil sans chichis, des bons plans qui nous ont pas mis sur la paille pour le reste de notre tour, on dit merci!
On dit aussi merci a Ronald, un "demi", comme on les appelle ici, ce sont, contrairement aux polynesiens pure souche, des descendants de mariages entre francais et familles polynesiennes. Ronald a la 60aine, a fait ses etudes a Paris, a les yeux clairs, 6 enfants et une femme jeune, et il parle tres fort. "OIANAA!! "... il vous remplit le crane quand, de se maison qui surplombe la plage, il appelle son petit dernier de 3 ans qui est debout sur sa planche de surf sur le lagon. "Bienvenue au Paradis, ca fait 35 ans que je vis ce calvaire"!... il est content de vous accueillir avec cette petite phrase bien sentie, et de vous expliquer, en bon patriarche, que son arriere grand pere venait de Brive la Gaillarde et qu il a eu la bonne idee de s installer ici, vers 1890, a cet endroit meme sur la baie de Painapo. Que le placenta de son 5e fils est enterre la, sous le palmier a cote de l escalier qui descend a la plage. Coutume polynesienne. Qu il va faire un jardin botanique sur sa montagne, derriere. Que chacun de ses enfants a son arbre sur le terrain. Manguier, frangipanier, hibiscus, pandanus... l attachement a la terre est tres fort ici, c est un veritable moyen d affirmer son identite. On a d ailleurs entendu plusieurs fois parler des querelles qui divisent les descendants a propos de la terre.
Et meme si on se dit qu il peut vite devenir envahissant, on lui dit quand meme merci pour la bonne cuisine, on y est revenus a plusieurs fois! Du thon sous toutes les coutures, en carpaccio, en des dans du lait de coco, en tartare, avec une bouteille de listel en accompagnement, divin! On a eu aussi la chance d assister et de gouter au Maa Tahiti, le four tahitien, un repas traditionnel ou les aliments sont cuis a l etouffee dans la terre, sur des pierres chaudes, recouverts de feuilles de bananiers et de sacs de toile, un bon cochon de lait, des poissons, des legumes, huummm, le tout avec un bon ptit gout fume. Et, drole, le jour de ce four, des militaires de la marine chilienne etaient la, car leur bateau etait ancre pour la journee. Clin d oeil pour nous qui nous envolions le lendemain au Chili!
Amusant aussi comme le monde est petit. On part pour la journee faire du snorkelling sur le motu Ahi, au large de la cote est de Moorea, Tahiti en face. On caresse les raies (gluantes!), on dejeune de bonnes brochettes de thon et les francais qui tiennent le petit endroit nous offrent un verre de rose, en parlant, ils nous disent qu ils ont passe le dernier reveillon du 31 rue Jules Ferry chez un pote qui a un loft. C est quand meme pas dingue ca! Au milieu du Pacifique, et des poissons, rencontrer des gens de notre coin!
On rencontre un peu les traditons polynesiennes au Tiki village, le passage de Gauguin le chaud lapin a Tahiti, la culture des perles noires, les danses des vahines sur fond de yukulele... disons qu il faut aller chercher la culture polynesienne, elle ne vient pas a vous. Il parait qu il y a d ailleurs un regain pour toutes ces traditions, le tatouage egalement, depuis une 30aine d annees, car a leur arrivee debut 1800, les missionnaires avaient eradique tous les symboles et les coutumes de cette culture. Mais les polynesiens restent tout de meme attaches a certains piliers de leurs traditions, comme la danse, le tatouage, les lieux de culte, les "marae", ou avaient lieu les ceremonies rituelles, les sacrifices, ou etaient invoques les dieux, intronises les chefs... un certain mystere se degage encore de Moorea, peut etre le sillage de tout cela...