jeudi 2 avril 2009

de Buenos Aires... oups le Chili...

Bon bon bon, j ai un peu laisse le blog en jachere depuis la derniere fois, nous etions a Santiago de Chili, et c etait pour envoyer les derniers articles sur Moorea.
Alors disons que j ai cherche un moment comment aborder ce passage au Chili, quel titre lui donner, comment le traiter... les gens, les sentiments, les faits... "on a fuit le Chili", ou "on s'fait chmir au Chili", en me disant, oh non, quand meme, c est vache, ca se fait pas, faut pas cataloguer, faut pas aller trop vite dans son jugement.... etc, etc... Et finalement, rien est sorti, donc je vais le faire en live, comme ca, exactement comme ca me vient. C est ca aussi l interet de relater un voyage sur un blog, pouvoir faire partager ses pensees du moment sans reflechir plus que ca non?
Alors donc, allons y gaiement, c est vrai qu on s est un peu fait chmir au Chili. La preuve en est. Nous voici a Buenos Aires, nous sommes le 2 avril, nous devrions etre encore vers le nord chilien si on avait suivi le pseudo programme qu on s etait donnes. On voulait aller jusqu a l Atacama. Mais voila, tout ne se passe pas toujours comme on avait prevu. On avait prevu qu il allait faire un peu frais, soit, mais beau? Eh ben non! Il faisait froid et il faisait tout blanc gris et humide! On s etait dit que ca irait le bus, des coups de 15 heures de trajet, mais, oui, on a le temps devant nous, ca va le faire, enfin on fera en sorte... Que tchi! Faire des journees de bus pour se retrouver dans une ville qui pourrait etre sympa sous le soleil, mais qui finit par nous sortir par les yeux tres vite, car au bout de 500 metres, Hugo ne veut plus marcher et qu il se fait tracter, non merci! On a essaye, ca nous a foutu le bourdon cette affaire! Des chambres d hotel ou on se les pele, avec 4 epaisseurs de couverture, des douches a peine tiedes, pfff, vraiment, fallait pas s acharner plus.
Voila donc quelques limites a voyager avec un enfant de 3 ans. Et aussi, il faut bien etre honnetes, on est pas des routards acharnes. Quand ca devient le parcours du combattant pour aller voir le desert, on stoppe avant de s enquiller les 2 jours de voyage en bus aller retour... oui, ca nous faisait kiffer, cette vallee de la luna et tout ca, mais bon, meme en excursion, tout organise, je suis pas sure qu Hugo aurait apprecie a sa juste valeur, et ca aurait pu se transformer en cauchemar rapide.
Tout avait plutot bien commence a Santiago, il faut etre fair play. Santiago, on a vraiment bien aime. Nous n avons pas sillonne toute la ville - tractage de l agneau penible au bout d un moment - mais ce qu on en a vu nous a plu. Le quartier colore de Bellavista, avec la maison du poete Pablo Neruda, des jolies petites rues pavees qui montent vers la montagne du Cerro San Cristobal, d ou on a ete voir la vue sur la ville et les Andes en fond, avec le telepherique, dans les oeufs, comme pour aller faire du ski! - je m y connais moi, en telepheriques pour aller sur les pistes, je suis une skieuse dans l ame - et aussi, le quartier plus chic de Providencia, avec des restos sympas, ou on avait notre hotel, plutot cool tout ca. Un bon soleil, une petite robe et des tongs, jusque la, tout allait bien.
Les choses on commence a se gater en quittant Santiago. On aurait du flairer la mauvaise augure. Apres avoir fait Tobalada - Universidad de chile en metro, pour se rendre dans le Centro a la station de bus pour acheter des tickets pour Valparaiso, a peine sortis, grand branle-bas de combat dans la rue, flics dans tous les sens et lacrimo dans l air, tout le monde court partout, tousse, se frotte le nez, pleure.... on se refugie dans une pharmacie qui rabat vite son volet roulant.... humm... c est cool ou quoi ici? Bon, ca se tasse, on se graille un hamburger pas bon, et hop, nous voila dans le bus pour 2 heures, direction Valparaiso au nord.
Il faut imaginer cette ville portuaire, avec toutes ses maisons de toutes les couleurs sur les montagnes, quand elle etait en pleine gloire, ca y allait, les filles du port, les marins, c etait l effervescence. La, c est plutot, crottes de chien a tous les etages et ville morte... oui, la ville est assoupie... tout le monde a fui a Santiago ou a Vina del mar, plus de business... et du coup, Valparaiso garde ce cote surrane. C est sur, on aurait vu ca sous le soleil, on aurait eu un avis plus favorable. Mais meme en faisant un effort d imagination, le coeur n y est pas trop. Bon, si, quand meme, notre hospedaje est dans une des petites rues mignonnes du Cerro Concepcion, a cote du Cerro Alegre. Mais le Toulousain qui la tient depuis des annees, qui nous dit qu il y a souvent cette sorte d affreux micro climat ici, il doit se faire chmir!!!
Donc, on fuit Valparaiso pour se diriger encore un peu plus dans la gueule du loup. 7 heures de bus vers le nord, on s arrete a la Serena. Ville qui, une fois encore avec un ciel bleu, tiendrait ses promesses, coloniale, jolies facades, bref, un petit charme. Mais, coincee entre le Pacifique et la Cordillere des Andes - c est un des endroits au Chili ou la terre est la plus etroite, c est a dire que la ville est vraiment bordee par l Ocean d un cote et les montagnes de l autre - donc, bloquee entre ces 2 elements naturels incontrolables, il y stagne la cachamanca, espece de brume chargee d humidite, qui ne veut pas partir et qui reste comme ca, juste au dessus de nous, la brume relou, avec cette sale Cordillere qui laisse rien passer. En plus, on a pris que nos tongs et on se caille grave les pieds. Enfin, je rassure maman, on avait pris les converses noires que tu lui avais achetees, avec ses chaussettes, donc lui, il avait pas froid la bete. Heureusement, on avoit tous les 3 nos polaires, c etait la famille polaire avec des tongs. C est bien nous ca! Un jour qu il faisait beau, on est alles se promener a Coquimbo, le port pres de la Serena. Eric a pris des pelicans en photo. C etait bien. On se faisait chmir, mais chmir...... Et comme on pensait qu il allait faire beau le lendemain, on a reserve une excursion pour aller voir les pingouins sur Isla Damas. Mais le lendemain, il faisait pas beau alors l excursion a ete annulee. Nous, on errait comme des ames en peine, cantonnes dans un perimetre de 200 metres autour de l hotel, Hugo voulant de moins en moins marcher. On se faisait chmir. On en etait presque de mauvaise humeur dis donc.
Donc, on a decide de se casser, retour vers Santiago, modification de billets pour Buenos Aires, on part au plus vite.
Et nous voici en Argentine.

Voila, il y a un envers du decor, un envers du blog!! tout n est pas toujours parfait, personne ne le croit d ailleurs. Et tant mieux, ca ne peut pas toujours etre comme on pensait. C est ca aussi le voyage. On est surpris. Dans un bon ou un mauvais sens de temps en temps. Niveau logistique, pas evident non plus de voyager avec Hugo et de se deplacer comme on voudrait. L Asie, la maison, l Australie, le camping car, la Polynesie, le reve, autonomes la plupart du temps, avec un climat souvent ideal. La, c est sur que la transition est bien la. J attends de rencontrer l Amerique Latine, alors a tres vite pour la suite en Argentine....

Monsieur Alain Bashung


Un hommage matinal a Alain Bashung, car je voulais le faire depuis un moment, tu vas nous manquer. Avec une pensee pour maman, eric, val et francois.