dimanche 12 avril 2009

Flashback 3, El Chalten, au pied du Mont Fitz Roy, 3400 et qq metres

































































Apres donc plusieurs heures de route magnifique a travers la steppe desertique, nous laissons derriere nous le Lago Argentino, contournons le Lago Viedma, et a encore quelques dizaines de km, niche au pied de la Cordillere des Andes, avec pour toile de fond l imposant, l inquietant Fitz Roy, voila El Chalten.

Autant El Calafate etait proprette, balisee, organisee, et tres peuplee (et oui, au moins 15 000 habitants!!), autant El Chalten respire vraiment le bled du bout du monde, 700 ames, des chalets de toutes les couleurs au bord de la route asphaltee poussiereuse...

Un decor naturel environnant spectaculaire, les pics du Fitz Roy caches dans les nuages, les montagnes recouvertes d arbres rouges avec les couleurs de l automne, des lumieres magiques avec le moindre rayon du soleil.
Ca serait un peu comme un no mans land au bout de la Patagonie, comme un decor de film, un film d auteur esthetique style road movie paume dans les Andes, pas besoin de retoucher les lumieres, a l etat brut, la premiere prise est la bonne.
Bref, les images parlent d elles memes, on a ADORE el Chalten.


















En randonneurs chevronnes, nous avons entrepris l ascension du Mont Fitz Roy.
Bravant le froid, on a remonte les montagnes pendant 2 jours, traverse des deserts de glace, passe des torrents, suspendus a une tyrolienne pour atteindre les pics de granit a 3400 metres d altitude. C est vrai, il nous a fallu un moral d acier, il y a eu des moments durs. Mais on a vraiment ete recompenses de tos nos efforts. Quelle adrenaline! Et quelle vue superbe depuis la paroi nord est du Fitz... une experience incroyable. Le Mont Blanc, a notre retour, c est les doigts dans le nez...

Sinon, on a mange du locro, bu du Malbec, on a chemine sur les sentiers caillouteux et pentus de la Laguna de los Tres. Hugo a fait la montee tout seul avec son baton de berger, et toute la descente dans la mochila, le porte-grands-bebes, sur le dos de son pere (tout de meme 5 heures de marche, oui oui). On a fait un casse croute empanadas au pollo, avec le dessert prefere d Hugo, une tarte au citron avec 5 cm de creme dessus, vue lointaine sur les pics du Fitz Roy...

... bah quoi... on choisit la version qu on veut...




















































































la suite est a venir les amis, cette aventure "patagonique" incroyable va bientot etre illustree de photos egalement. On vous embrasse tous. La, il est grand temps d aller manger un bon bife de chorizo. Besos fuertes!







Flashback 2, 2500 km au sud de BA, el Calafate

























































































































Nous sommes au pied de la Cordillere des Andes et du Lago Argentino. On se rapproche des glaciers. Il fait froid. Le vent nous gele. Heureusement, on est bien equipes cette fois!
El Calafate, petite ville proprette style sports d hiver au coeur de la Pampa. On est la! Une bonne truite une grosse glace, l air est frais et pur, deja les lumieres ont l air differentes. Demain, c est le Perito Moreno...

Depart matinal et glacial, quelques gouttes de pluie. Au bout d une 50aine de km de steppes et de montagnes, nous penetrons dans le Parc National des Glaciers.
Longeons le grand Lago Argentino, aux eaux de ce bleu laiteux si particulier. Que lon a tous vu dans les magazines ou dans Ushuaia a la tele. Et on est la, evoluant dans ce decor surrealiste. La plupart des arbres sont morts, n ayant pu resister aux conditions climatiques extremes. Ils sont gris avec des formes bizarres. C est dingo. Irreel. Et au detour d un virage, premiere vue panoramique sur le Perito Moreno, qui devient un vrai monstre de glace au fur et a mesure qu on se rapproche de lui. Et du bateau qui nous conduit presque a ses pieds... WAOUUUHHHHH, la beaute! Majestueux! Incroyable! Emouvant!
15km de long, 5 km de large, 70 metres au dessus de l eau et 140 metres immerges... le mastodonte... on se sent bien petits, une petite entite minuscule face a la force de la nature. Il vit, il craque, il fait du bruit. Il change de couleur avec les rayons du soleil. Des morceaux enormes de glace tombent avec fracas dans le lac, et partent voguant, petits icebergs sur le lago Argentino. Pff, c est dingue. Faudrait se pincer. Rencontre marquante. Une des plus marquante de ce tour du monde.

Retour congeles, impressionnes, comme dans un songe a l hosteria Austral.
Demain, on part aux aurores a El Chalten, petit village au bout de tout, a 4 heures de bus de El Calafate, dans le Parc National des Glaciers, pres du 2e grand lac, le lac Viedma.

Flashback 1, 1er avril, arrivee a Buenos Aires






















1er avril, nous atterrissons a Ezeiza, l aeroport de Buenos Aires, avec une dizaine de jours d avance. Non c est pas un poisson d avril, vous saurez pourquoi si vous avez lu l article "oups... le Chili".

La nuit commence a tomber et ca fait deja 3 hotels a San Telmo qui sont complets.
Oui, vu qu on ne reserve rien en avance et qu on fait un peu free style, on se dit qu on aurait l air malin avec nos 2 enormes valises, plus nos 2 gros sacs, plus nos 2 petits sacs, comme ca, a errer dans les rues a la recherche d un lit...

On est charges comme des mules, meme si on s est delestes de quelques trucs au fur et a mesure, une moustiquaire, des antibiotiques, une lampe chinoise... un vrai cortege les amis... une des priorites donc, quand on arrive dans un pays, c est de trouver l hotel qui va nous garder le gros de la cargaison. Chose facile en general. Apres, on part plus legers voir du pays.

Enfin, apres quelques plans foireux, on nous refile un bon rencard, un "hostel de juventud", pres de la Plaza Dorrego, jolie place sous les arbres ou a lieu la Feria, le marche aux puces le dimanche. OUF, on a une chambre, et qui plus est, une grande chambre tres sympa, avec parquet qui craque et murs de briques, on se croirait a Soho!

Pour le reste, c est un peu l auberge espagnole. Entendez, salon avec canap sur parquet pour se vautrer et grande tele, cuisine a "compartir", tous les espaces communs sont ainsi a partager, je precise pour certains de nos lecteurs non hispanophones, frigidaire commun, vaisselle, tout quoi... des chambres ou on peut etre seuls et des chambres "dortoirs", tout un petit monde vit ici. Souvent pour une duree longue, car il y a pas mal d etudiants qui travaillent pour l auberge de jeunesse et qui font leurs etudes a cote. Il y a aussi quelques "vieux", dont on fait partie!

Ca joue de la guitare dans la cuisine, ca papote dans le salon, vraiment rigolo de se retrouver dans cette ambiance. On va elire domicile ici. On va rester un peu, puis ca sera notre point de chute entre nos voyages dans le pays.
Il y a Juan, le portenos, le ptit mignon de Cali, Teresa, la bresilienne sensible de Sao Paolo, la Belge qui habite ici depuis 2 ans, Becky l americaine qui aime bien les cornflakes, Javier, le commercial qui vient de Mar del Plata et qui s occupe de son fils de 11ans, 2 francaises qui viennent d arriver pour un echange erasmus de 6 mois... bref, un sacre melting pot. Avec un point commun, tout le monde est vraiment sympa. Des gens fins. Sensibles et sympas. C est cool donc. On a trouve de quoi se loger pour vraiment pas cher a Buenos Aires, et de quoi se nourrir de lomo gigantesque chez Manolo, juste en bas!

Nous passons 5 jours a Buenos Aires, dont un jour ferie, le 2 avril, pour la Guerre des Malouines, el Dia de las Malvinas. En plus, Alfonsin vient de mourir, c est un ancien president qui a ete au pouvoir en 1983 et qui avait ramene le retour a la democracie apres plusieurs annees de dictature (76 a 83). Avant, une longue vie politique chaotique, Evita et le Peronisme, les reformes sociales, la defense des pauvres, mais aussi, la proximite avec les nazis (46-55). Puis, entre les deux, 20 ans de gouvernements militaires, et le come back de Peron avec sa nouvelle femme Isabelita en 73... renversee a nouveau...
bon, il etait la le pseudo cours d histoire revu et synthetise... des destins tragiques, des personnalites fortes, de la repression, la force du peuple... on sent quelque chose de fort dans l histoire de ce pays... a suivre... il est trop tot pour la petite analyse sociale...

Treve de rappels historiques, le 1er jour dans la capitale argentine, ferie et sous la pluie, va laisser place a une belle fin de semaine. Vous imaginez bien que je vous epargne les prises de bec. Car bien sur il y en a. Mais le blog n est pas la pour ca. Il est plutot la pour l evasion. Et pour rire un peu aussi des fois!
Donc, cette fin de semaine, on dejeune a la Boca, vieux quartier colore, en regardant les danseurs de tango faire leur show. On se balade dans les rues pavees de San Telmo en regardant les boutiques des antiquaires. On va caminando Plaza de Mayo, place historique ou se cotoient monuments anciens et buildings modernes. On regarde les voiliers amarres a Puerto Madero. On traverse Recoleta, un quartier plus chic... certes, mais on est quand meme tres loin de la beaute de Paris, enfin, c est mon avis.

C est sur, il faut prendre son temps a Buenos Aires, se laisser aller a marcher dans les rues qui s entrecoupent et forment les cuadras, vivre la vie nocturne et culturelle, certainement riche et entrainante. Nous, on est toujours un peu coinces avec Hugo car il ne veut pas marcher plus de 500 metres, et on va pas l emmener boire des verres de Malbec pour se marrer le soir. C est notre voyage a nous, on passe surement a cote de certaines choses, mais on profite tellement... on a de la chance d etre dans tous ces endroits... et Hugo nous ouvre d autres portes, differentes...

On va quand meme resoudre une partie du probleme. Achat d une poussette. Oui! un achat providentiel, on aurait du y penser avant, on se sent presque legers! Au debut, le petit agneau etait deg de regresser dans une poussette, mais il a vite vu l avantage de se faire transporter sans avoir d efforts a fournir... Comme ca, quand on rentre a la "maison" (on y a notre chambre reservee et tous nos bagages, c est notre port d attache du moment!), oui, quand on rentrera apres notre incursion australe, on va pouvoir sillonner Palermo et San Telmo!

On passe meme un "dimanche a Tigre", pour s oxygener du tumulte de la ville (genre, comme si on etait des Porteños!). Tigre est connue pour son immense delta fluvial. On va y naviguer sur les jolis bateaux-bus-peniches en bois clair. On longe les rives verdoyantes, tres signees, plantees d une grande variete d arbres. Des saules pleureurs cachant de belles maisons, des residences secondaires pour argentins argentes... eau couleur terre, labyrinthe de canaux... on accoste a l hosteria las Rosas pour manger une parrilla au bord de l eau. C est joli, de bon gout. C est reposant. Super cadre. Une heure de train et nous voila arrives a la Gare de Retiro, de retour dans la capitale.

Notre dernier jour avant l equipee australe nous sert a nous organiser avec l agence qui nous a aide a concocter notre periple en Patagonie.

12 avril, Bariloche, chambre a la Casita Suiza


Il est 11h00, nous sommes dans la chambre de l hosteria la "Casita Suiza".
Nous voici donc a Bariloche, 1h30 de vol hier, 1h30 de paysages magnifiques sous les lumieres du soleil qui descend, nous nous sommes poses comme des fleurs au coeur des montagnes ocre-rouge, survolant de pres une mosaique de cypres, spectacle de couleurs...
Et pour ne pas faire mentir la reputation de cette ville-station de ski, on s est mange hier fondue et raclette a la Casita Suiza, une vraie petite auberge suisse... rapport aux liens etroits qu a entretenu le pays avec cette partie de l Europe depuis des annees. Mais le cours d histoire, ca sera pour plus tard.

Flashback, on revient en arriere.
1er avril, nous atterrissons a Ezeiza, l aeroport de Buenos Aires.

11 avril, avion El Calafate - Bariloche
















Il s en est passe des choses.
Tout d abord, resituons nous.
A l instant T, gros zoom. Nous sommes donc tous les 3 a bord d un avion Aerolineas qui nous emmene a Bariloche.
Dezoomons un peu. Nous volons au dessus de la province de Santa Cruz, dans le sud de la Patagonie.
On prend encore un peu plus de recul. La Patagonie est elle meme une region - plus grande que la France - situee dans le sud Argentin. De Buenos Aires, 3h et demi d avion our atteindre El Calafate... tout de meme... en 3h1/2, nous, de Paris, on va au moins en Grece ou au Maroc... on change de pays, meme de continent!
C est dire l immensite de l Argentine.
Dezoom total, vision du globe, nous sommes a 14 000 km de la France... encore aux antipodes... differents...

La Patagonie que nous survolons, ce territoire desertique, ces chaines de montagnes et ces canyons marron terre, ponctues ici et la de lacs aux formes etranges et tarabiscotees qui reletent le soleil comme des miroirs... cette Patagonie continue de nous en mettre plein la vue. C est vrai que c est fascinant.

Depuis que nous sommes sur ces terres des extremes, on ne fait que prendre des baffes! Des baffes de beaute, la nature a l etat brut. Des baffes de froid, malgre les rayons du soleil, on est en automne ici, on sent venir l hiver, le thermometre ne depasse les 5-6 degres (ca va encore vous me direz). Des baffes de vent, a perte de vue, des plaines venteuses, la steppe patagonique dans toute sa splendeur, piquetee de troupes de guanacos qui broutent des touffes herbes seches (pour les novices, les guanacos sont tres potes avec les lamas... ils ont un ptit air de famille). La steppe parsemee de quelques rares estancias, protegees par des rangees de cypres de haute taille pour parer le vent feroce. Des baffes de lumieres, une lumiere pure et brute, qui rend toutes les couleurs particulieres, profondes, vivantes, uniques quoi!!... le rouge chatoyant des toits des estancias sur l ocre-dore de la steppe, le jaune safran des murs des maisons sur le bleu cristallin du ciel, l "azul glaciar" des grands lacs, ce bleu laiteux donne par la fonte des glaciers, qui peut prendre des nuances turquoises, grises ou topazes a tout moment de la journee...
et encore, et encore, des claques de beaute majestueuse, a commencer par celle des glaciers, une rencontre marquante, a l image de ce territoire sauvage, qui restera, je pense, une des etapes les plus marquantes de ce tour du monde.
On se rappellera toujours du spectacle de la nature et Hugo lui, se rappellera pour un temps qu il s est fait poursuivre par un guanacos qui voulait lui brouter ses cheveux... pauvre casque d or!... il a detale dans la pampa sans demander son reste en criant comme un petit veau! hihi!!
On va dire que ca le mate un peu car en ce moment, il ne pense qu aux bonbons, aux gateaux, et qu il a l esprit de contradiction tres developpe. Bientot 3 ans...!