lundi 4 mai 2009

boucle nord, toujours dans le NOA



























18h15, vendredi 1er mai, dans le bus qui nous ramene a Buenos Aires.

Avons quitte Salta il y a 3 heures. Nous arrivons dans la capitale demain matin. 20 heures dans l autres sens. Hugo dort dans des positions de pacha romain. Le 2e film vient de commencer, un nanard argentin, apres un nanard americain. On a mange des gateaux au chocolat fourres au dulche de leche. Du pur concentre de sucre. Ca va etre tres dur le maillot au Bresil...


J avais donc quitte a la fin de la boucle sud. Nous voici partis pour le nord de notre periple dans le NOA. Apres un bref passage a Salta en revenant de Cafayate, nous nous engageons sur la Ruta 9, la Ruta de la Cornisa, 2 heures pour parcourir les 90 km qui nous separent de Jujuy, 2 heures de virages en epingle dans la foret. On passera en coup de vent dans Jujuy, qui ne nous inspire pas particulierement.


Continuons donc vers le Nord et penetrons dans la region de la Quebrada de Humahuaca. Classee au patrimoine de l Unesco. Des montagnes qui passent par toutes les couleurs. Rouges, vertes, grises. Univers mineral et aride. genre decor de cinema. On arrive dans l apres midi a Purmamarca, on va deposer les affaires aux cabanas Huaira Huasi et on va se balader dans le village. Maisons en pise, artisanat, on achete un ponchecito a Hugo qui est tout content et court comme un ptit indien dans les rues en terre couleur sable. Un ptit poncho a rayures jaunes, rouges, oranges, vertes. Derriere, la montagne aux 7 couleurs en decor, rose, violet, vert, beige, gris, ocre... un autre monde de couleurs, d autres gens. On sent qu ici, Buenos Aires est a des annees lumiere!


Justement, avant de rejoindre Tilcara, on va prendre un bain de lumiere etincelante aux Salinas Grandes, notre premier "Salar", desert de sel. Pour y arriver, la route 52, qui deploie encore des montagnes colorees, des cimes enneigees, de cols a 4200 metres, des vallees ou on voit la route serpenter et redescendre vers une etendue blanche, comme une illusion, un mirage entre 2 virages, apercu entre 2 sommets. Et moins le chemin serpente, plus le paysage devient plat, la steppe se teinte de blanc, jusqu a ce que nous nous retrouvions en plein milieu d une etendue blanche, a perte de vue. Hugo vient de se reveiller, il a dormi tout le trajet. Il sort la tete de la voiture, meme pas etonne d etre dans un desert de sel. Avec sa coupe "saut du lit" genre jeune star de pop anglaise, son poncho et ses lunettes noires, il a trop le style du ptit traveller cool branche bab, qui mange du sel, comme ca, en le ramassant par terre, normal quoi...! Ce jeune enfant nous fait bien rire. Il pose nonchalament devant les bassins rectangulaires aux reflets bleus. Graphique. Esthetique. Bon, c est pas le tout, mais on va pas se contenter de manger du sel, quoique ca avait l air de bien plaire a l ami Hugo. Sur le retour, les ptits anes barrent la route aux voitures et on voit les vigognes bondir dans la steppe.

Tilcara, 4000 habitants, soit 4 fois plus qu a Purmamarca, ces petits villages des Andes semblent vraiment d un autre temps, meme si Tilcara est une bourgade un peu plus peuplee et frequentee. On va y rester 2 jours et prendre un peu le temps de se poser car on a pas arrete depuis qu on est dans le Nord Ouest. Beaucoup de route, beaucoup de voiture. Cela nous a certes permis de voir du pays, mais laisse peu de temps pour se reposer. Le sujet n est pas de se plaindre bien sur. Mais cette vie d itinerants, c est fatiguant parfois. C est bien de s en rendre compte... Enfin bref, a Tilcara, on va prendre un peu notre temps, aller voir Pucara, l ancienne forteresse inca, et se faire une bonne balade a cheval. Ca, c est excellent, a cheval dans la Cordillere des Andes! Tous les 3 a caballo pour aller a la Garganta del Diablo (une autre)! Eric et Hugo sur Pampa, moi sur Sico et Max, notre guide, sur Indio! Cool! Une belle balade. Encore un moment dont on se rappelera... pas banal, a cheval dans la Cordillere des Andes. Suis pas sure qu on vivra ca a nouveau dans notre vie... enfin qui sait... Oh, j allais oublier le bebe lama marron avec sa ptite tete blanche TROP mignon!

Retour sur Salta, retour a Buenos Aires.
Dans le bus, une equipe de gars de Mar del Plata, 5 ou 6 Argentins, tous aussi sympas les uns que les autres, qui viennent de faire un periple de dingues, 800 km a velo dans la Quebrada, toujours entre 2500 et 4900 metres, une veritable prouesse voulez vous dire... des joyeux drilles sportifs avec qui on a partage le mate. Des rencontres. Authentiques. Avec un special merci a Abel, qui a eu une patience d ange avec Hugo, et qui a joue a tous les jouets du sac a dos bleu: papa et maman dinosaures, bebes dino, l avion violet, l avion gris, la voiture verte, le bus rouge, la girafe, l elephant, le bateau, le ptit phoque, le livre de Madame Canaille et de Monsieur Bavard, le telescope miniature, le genie, le bebe, le ptit veau qui fait du bruit... Ah! toute une petite caravane les ptits amis d Hugo! Et puis merci pour ce bon film, Revolutionary Road, avec Kate Winslet et Leonardo, ca faisait un moment que j avais pas passe un aussi bon moment devant la tele qu on regarde peu certes...

La tuile des photos

Ca fait beaucoup de texte tout ca, avec peu d images vous allez penser. On va mettre des photos rapidement pour illustrer tout ca.
Mais on doit partager avec vous ce sale coup qui nous est arrive, on a perdu une cle avec 8 gigas de photos et de films, celle de la Polynesie et de la Patagonie, donc ca nous a foutu un sacre coup, mais bon, maintenant c est passe. Les images sont dans notre tete. Et quelques unes sur le blog...

Salta 4/ de Cafayate, retour sur Salta














3e troncon, Cafayate - Salta

A Cafayate, petite ville adosse aux contreforts des Andes, j ai achete un poncho en laine de lama. Excellent non? En arrivant, on etait bien claques de nos 7 heures de route plus un pneu creve. On a meme pas eu envie d aller visiter les bodegas!

3e jour de la boucle sud, retour sur Salta. Juste apres Cafatyate, nous reprenons la route et traversons une des belles provinces de la region, la Quebrada de las Conchas. Conchas, ca veut dire coquillage. C est rapport a la mer qui arrivait ici il y a des milliers d annees. La, le rio qui coule dans le canyon est asseche, autant dire qu on a du mal a imaginer la mer ici. Mais elle etait pourtant bien la et son erosion a laisse des monuments de roches impressionnants. Dignes des grands westerns. Encore plus fous qu Monument Valley. La terre rougit, le vegetation se fait aride, puis inexistante, a peine un cactus par ci par la. On a envie de s arreter partout, de prendre des photos a chaque virage. A chaque virage, on decouvre des formes surrealistes faconnees par l eau.
Apres les Castillos, des gigantesques chateaux de roche ocre, la Ventana, une sorte de fenetre qui perce un accordeon de terre rouge et ou le vent passe en faisant des bruits inquietants, voila el Obelisco, gros pic phallique qui s eleve vers le ciel, et puis, el Anfiteatro, moment d emotion qui nous appartient juste a nous... privilege des voyageurs d etre dans un endroit a un moment et de vivre des choses, des sentiments qui resteront graves... on marche a pied quelques dizaines de metres, le rocher s entre ouvre, des metres et des metres de roche ocre au dessus de nos tetes, comme un cirque a ciel ouvert, il faut lever la tete tres haut pour apercevoir le ciel. Resonnent les accords de guitare et les notes de flute andine dans cet amphiteatre naturel, la musique est juste pour nous, un endroit magique, un moment magique. On a du mal a s en defaire.
C est a peine si la Garganta del Diablo, une faille enorme dans la montagne, nous sort de notre contemplation.

C est plutot le lama qui va nous rappeler a la realite. Ah! Enfin un lama! Autre part que sur les panneaux routiers! Soit, il est avec son maitre qui vend des ocarinas, mais on kiffe ce premier lama! Hugo peut ajouter un animal a sa liste! Meme si il n est pas tres rassure sur son dos, surtout quand il l entend cracher... dis donc il a de sacre dents ce lama... belle couleur! Enfin, merci pour la laine les lamas, moi je repars avec mon poncho.

Retour sur Salta, on a l impression d avoir bouffe des kilometres, et d avoir vu encore et encore tellement de belles choses.